Pipe en bois : la bruyère pour les ébauchons

Pipe en bois avec du tabac

La pipe sert à fumer le tabac est quelque peu ringardisée de nos jours (et rappelons que fumer est mauvais pour la santé !), mais peut-être vous souvenez-vous de votre grand-père, fumant la pipe en fin de journée ?

 

La réalisation d’une pipe à tabac

Selon les époques et les origines, on retrouve des pipes réalisées dans tout un tas de matière première : en terre (argile), en bambou, en porcelaine, en maïs, en écume de mer, calebasse ou encore en divers bois (morta, olivier, buis …).

La plus célèbre et répandue est la pipe en bruyère.

 

La bruyère

Bruyère des Vosges, méditerranéenne, commune… il en existe plus de 800 espèces de ces plantes dicotylédones. Ce qu’on appelle communément la bruyère, ce sont le genre Erica et le genre Calluna.
C’est à partir des racines de bruyère, ou de la souche, que l’on va fabriquer la pipe en bois.

C’est notamment à Saint-Claude, dans le jura, que la pipe en bruyère est devenue si populaire.
Les pipiers sanclaudiens se sont illustrés comme des maîtres en la matière.

La culture et la collecte du bois pour fabriquer une pipe est contraignant : il faut attendre plusieurs décennies pour que l’arbre / l’arbrisseau soit suffisamment développé et que la souche ou les racines aient un diamètre suffisamment conséquent pour qu’on puisse y tailler le produit tant désiré.

Il faut également veiller à arroser régulièrement les racines pour éviter que le bois ne sèche, la récolte ne peut pas se faire en été etc…

Les ébauchons

La base de travail pour fabriquer une pipe en bois, c’est d’avoir un ébauchon : celui-ci provient donc de la racine de bruyère et est dégrossi pour qu’on puisse le travailler.

Plus exactement, on utilise le broussin du rhizome de la plante, qui a d’excellentes propriétés : forte résistance à la chaleur, forte capacité d’absorption, facile à travailler (percer, sculpter…).

 

Fabriquer sa propre pipe

Il est possible d’acheter des ébauchons pour fabriquer soi-même sa pipe en bois.
Mais attention, cela nécessitera tout de même un minimum de matériel et de pratique : on ne s’invente pas pipier du jour au lendemain.

Certains amateurs, même non-fumeurs, peuvent d’ailleurs apprécier réaliser des pipes en bois non pas pour le commerce ou la consommation de tabac, mais simplement par plaisir de travailler ce noble matériau, le plaisir de sculpter les ébauchons et tout la technicité et le talent que requiert cette tâche.
Petite parenthèse, on peut trouver des pipes artisanales bien plus décoratives qu’utiles en vérité, à la forme aussi variée qu’impressionnante : tête de loup, dragon, lion…

Mais revenons plutôt au processus pour réaliser l’objet en question.
Chaque artisan, marque ou atelier aura ses spécificités bien entendu, mais dans les grandes lignes, les étapes sont sensiblement identiques.

 

1)     Obtenir un ébauchon et le calibrer

Nous l’avons vu précédemment, il faut déjà se fournir en ébauchon en bruyère, c’est dans ce bloc de bois que l’on va tailler la pipe.
Il faut ainsi commencer par le calibrage des ébauchons, pour leur donner les premières dimensions (épaisseur, hauteur) pour y travailler le bois.

 

2)     Ebauchage et varlopage

Pour donner forme au foyer, on va utiliser un tourneur pour le forer : c’est l’ébauchage.
De même par tournage on donne sa forme à la tige : c’est le varlopage.

L’ébauchon devient une ébauche, et la forme générale dépendra du type de produit que l’on souhaite obtenir à la fin du processus de fabrication.

 

3)     Fraisage, dit le râpage

On va enlever l’excédent de bois par fraisage, puis on peut finaliser à la main par une râpe ou lime : le râpage.

 

4)     Perçage

On perce le tuyau jusqu’au foyer. Evidemment important et déterminant, puisque cela conditionne le tirage de la pipe.
Plus le tuyau sera courbé, plus cette étape est délicate.

 

Dans son ensemble la pipe commence déjà à bien ressembler à sa forme finale.
Pour votre propre plaisir, vous n’aurez certainement pas d’autres étapes intermédiaires.
Mais sachez que les fabricants et dans les ateliers, un « choisisseur » va sélectionner, trier et catégoriser le têtes de pipes en fonction de la qualité de la bruyère et des possibles imperfections.
Il semblerait que les têtes de pipes « parfaites », sans aucune imperfection dans le bois, représentent 1% voire moins de ce que va trier un choisisseur.

Si vous êtes à la recherche d’une pipe en bois de qualité exceptionnelle, cela commence à donner une indication sur sa rareté et sa valeur.

 

5)     Montage

On ajuste le tuyau à la tête. Le réglage est précis, c’est aussi à ce moment qu’on va ajuster la courbure du tuyau.

 

6)     Polissage

Pour un aspect plus brillant, net et un toucher plus lisse et doux, on va polir la tête de pipe.

 

7)     Badigeonnage et éclaircissage

Enfin, on va appliquer une couleur ou une cire sur la pipe (le badigeonnage) puis poncer et vernir l’ensemble (éclaircissage).

Voilà, vous avez les grandes étapes pour fabriquer votre propre pipe en bois de bruyère.

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